errance

 

La peinture existe en ce délicat équilibre entre d’un côté quelque chose de la matière (palpable) et de l’autre quelque chose d’idéal (reflet spirituel). Cette double appartenance fait de la peinture un médiateur entre l’art de l’espace et l’art du temps.

En cela, la toile est composée en 2 étapes. La première est le lieu (espace) ; la deuxième correspond aux personnages fluctuants (le temps)

Le choix du lieu se fait par l'inspiration de mes photos, (vous pouvez trouver le lien sur mes contacts). Ces lieux ont une existence éphémère et instable mais ils perdurent dans le temps. Il se modifient constamment. Ce que j'aime dans la peinture, c'est de pouvoir figer ce temps. J'arrête ce dernier dans un temps donné, je fixe un passage dans la vie de ce lieu et je le fais exister par les personnages qui sont la deuxième étape de l'oeuvre. Ce sont des corps à moitié présent, ils sont le passé du temps, le présent de ce que je fige et le futur de se qu'ils pourraient devenir. Ils rendent l'espace réel, existant. Je stabilise un lieu a priori instable.

J' insère du transitoire dans un endroit permanent.

Ces corps perturbent cet espace calme et vide. Il se crée comme un impact spatio-temporel. Le temps ne peut se vivre sans espace et c'est le temps qui rend vivant l'espace même, c'est un impact perpétuel. Ils sont des mirages, errant à la fois inexistants et présents. Ils amènent une force au lieu. Ils se complètent et se font vivre. Le flou des corps intervient comme un commencement ou un souvenir. Ils peuvent être une marque du passé ou un arrêt sur le présent. Cette incertitude amène le spectateur à chercher, à se questionner sur cette errance. Sur notre errance dans le monde. Sur nos passages, notre effacement. On cherche à connaître l'histoire du lieu, des gens.

 

C'est une émergence d'un présent presque absente.